Une souffrance bien réelle récupérée par le lobby de l’agro-industrie
Vendredi 19 janvier, une explosion souffle le rez-de-chaussée de la DREAL de l’Aude – la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement. Un bâtiment de l’État est détruit par une bombe. L’action est revendiqué par le CAV ou comité d’action viticole, un groupe clandestin de producteurs de vin.
Casse autorisée
Cette action intervient dans le cadre d’un fort mouvement du monde agricole. En plus de cette explosion, il y a depuis plusieurs semaines de nombreux sabotages, des blocages très puissants d’autoroute par des tracteurs, des préfectures saccagées… Le 22 janvier, une ligne de TGV près de Sète est même bloquée par des tracteurs, déplaçant sur les rails des pneus et des déchets.
Toutes ces actions sont impressionnantes. On se souvient qu’une procédure anti-terroriste avait été ouverte contre «l’ultra-gauche» en 2008 pour avoir perturbé une ligne de TGV : la lamentable affaire Tarnac. On se souvient aussi des arrestations massives et des mutilations lors de manifestations pour des dégradations infimes en comparaison des actions menées par les agriculteurs. On se souvient des accusations «d’éco-terrorisme» à propos des manifestations pour les ressources en eau à Sainte-Soline. Quant à l’explosion d’un bâtiment public, on préfère ne même pas imaginer les conséquences répressives et médiatiques si cela venait d’un groupe anticapitaliste.
Ici, rien de tout cela. Emmanuel Macron appelle les préfets à écouter «les problématiques» des agriculteurs en colère. Gabriel Attal reçoit leurs représentants directement à Matignon. La chaîne d’extrême droite Cnews, qui d’habitude s’inquiète de «l’ensauvagement» et des «violences», soutient le mouvement et met son logo à l’envers en solidarité, comme les agriculteurs qui renversent les panneaux de signalisation. Quand un…
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Auteur: B

