« Les grands coupables, ce sont les Français ! », lance Sidi Khatri en guise de salutation au sortir de la pièce. Paris n’a pas bonne presse dans les campements sahraouis. Le musée de la Résistance de Rabouni expose en évidence les bribes d’un avion abattu dans les années 1980, un « Mirage F1 français » indique un panonceau. L’aviation française a été accusée à plusieurs reprises, et dès 1958, d’avoir participé à des opérations de bombardement incendiaire au napalm et au phosphore contre les forces armées sahraouies, pour défendre ses intérêts dans la région.
En 1976, alors que le Front Polisario venait d’entrer en guerre pour défendre le droit du peuple sahraoui à la souveraineté sur le Sahara occidental, le président français Valéry Giscard d’Estaing se montrait clairement défavorable à cette revendication, estimant « regrettable la multiplication des micro-États », renvoyant au Maroc et à la Mauritanie la charge de décider de l’avenir de l’ancienne colonie espagnole. « Ce qui caractérise la position française, depuis, c’est la passivité », analyse Meriem Naili, enseignante-chercheuse en droit à l’université de Grenoble, et membre du comité de pilotage de l’Observatoire universitaire international du Sahara occidental (Ouiso).
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La France, notamment, n’a jamais utilisé sa position de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour défendre l’élargissement des prérogatives de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) : son mandat, cas unique pour une mission onusienne de maintien de la paix, ne comprend pas le suivi des droits humains. Le…
Auteur: Patrick Piro

