Numéro 10889119 : un peu intimidé, Habudda Salem manipule avec précaution sa carte d’identité sahraouie toute neuve. Il a 16 ans, âge requis pour s’enregistrer au Centre national du recensement et des documents personnels de Shahid El-Hafed (Rabouni). Une cinquantaine de personnes attendent leur tour dans la salle. Habudda a dû apporter la preuve de sa filiation ou de sa présence pendant au moins dix ans dans un des campements sahraouis.
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Le traitement de sa demande, bien huilé, n’a duré que deux semaines : l’enjeu est important pour les autorités de « l’État en exil », qui se targuent de pouvoir greffer leur administration du jour au lendemain au Sahara occidental, « quand viendra l’indépendance ». Les campements portent à ce titre le nom des principales villes des territoires occupés.
Les noms de 76 350 personnes ont été validés.
Les locaux du centre recèlent des documents encore plus capitaux pour l’avenir du Sahara occidental : les fiches d’identification des personnes qui pourront voter au référendum d’autodétermination – s’il est un jour organisé. Un délicat processus d’identification des « Sahraoui·es », admissibles donc à ce corps électoral, a été conduit de 1991 à 2000 sous l’égide d’une commission comprenant notamment des officiels marocains. Appartenance à une tribu sahraouie, preuve de naissance au Sahara occidental, identification par le recensement espagnol de 1974…, au bout du compte, les noms de 76 350 personnes ont été validés.
Aspiration et droit à l’indépendance
Mais alors que l’aspiration à l’indépendance est fortement ancrée au sein du peuple sahraoui, la composition de ce corps…
Auteur: Patrick Piro

