Dans la phase historique actuelle, par rapport aux formations de la gauche officielle – modérée, réformiste, radicale – quel est le caractère distinctif de l’Alliance Sahra Wagenknecht (Bündnis Sahra Wagenknecht, en allemand) ? Pour le mouvement, devenu parti, dirigé par la leader est-allemande de 50 ans, il s’agit d’un retour aux « fondamentaux » : adopter le point de vue de la classe ouvrière, diverse et souffrante, entendue au sens large, c’est-à-dire les salariés, les indépendants, les professions libérales, les micro et petits entrepreneurs subordonnés à ceux qui détiennent le pouvoir de marché. En substance, BSW entend donner une représentation et des réponses à leurs intérêts et à leur perte d’identité. Cela n’a rien d’original : c’est le cadre culturel et la fonction que remplissent les sujets politiques de référence du mouvement syndical. Aujourd’hui, elle s’impose comme un fait dans un champ progressiste marqué, partout en Occident, par l’hégémonie trentenaire de cultures politiques post-matérielles dépourvues de sens des limites. L’ASF est scandaleuse parce qu’elle remet au centre les conditions matérielles de vie et la demande de protection identitaire des populations, et qu’elle définit un programme politique cohérent pour y répondre.
Ce programme comprend, tout d’abord, des politiques pour un ordre international multilatéral et, par conséquent, pour des négociations avec la Russie et des relations commerciales ordonnées avec la Chine. Il envisage donc la reconquête d’un minimum d’autonomie politique dans l’interprétation de la contrainte atlantique par les classes dirigeantes allemandes humiliées par le sabotage « amical » du gazoduc North Stream 2. Et, par conséquent, elle assume en priorité le demi-tour de la trajectoire guerrière parcourue à une vitesse croissante par les populaires, les socialistes, les libéraux, les verts et les conservateurs, dans les…
La suite est à lire sur: www.legrandsoir.info
Auteur: Stefano FASSINA

