Saint-Malo, ville pionnière de la lutte contre les Airbnb

En cette journée de fin décembre, une fine pluie, trempant jusqu’aux os, tombe sur l’intra-muros, le quartier historique de Saint-Malo. La météo semble avoir vidé les rues de ses habitants, ce qui laisse le loisir de contempler les façades des demeures de la vieille ville et d’apercevoir, ponctuellement mais régulièrement, les boîtes à clés typiques des locations Airbnb ou Abritel.

D’ailleurs, les quelques passants qui déambulent sous la bruine d’hiver sont, pour beaucoup, des touristes. «Nous sommes venus à Saint-Malo avant le break de Noël. On voulait passer quelques jours ensemble avant le tunnel des repas en famille», indiquent, bras dessus bras dessous, Charles et sa compagne. Pour se loger, ce couple de quinquagénaires parisiens a opté pour « une location en Airbnb. C’est vrai que, maintenant, on ne se pose même plus la question et on passe systématiquement par cette plateforme. Surtout pour les endroits touristiques où on se dit que l’hôtel sera plus cher et moins pratique».

On était vraiment en voie de Saint-Michelisation.

Théodore

Quelques pas plus loin, Théodore*, un résident de l’intra-muros, peste : «Par ici, ça grouille d’Airbnb.» Tirant sur sa cigarette presque éteinte par la pluie, il poursuit d’un ton acide : « Et encore, c’est moins mauvais que ça ne pourrait l’être. Des choses ont été mises en place, mais on était vraiment en voie de Saint-Michelisation. »

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Les prénoms suivis d’une astérisque ont été changés.

De fortes conséquences sur le marché du logement

De fait, à Saint-Malo, l’augmentation débridée des locations touristiques n’est pas nouvelle : entre 2018 et 2019, l’offre de réservation a augmenté de 24 % en se concentrant principalement sur le…

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Auteur: Marie Roy

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