De la colère et des flammes dans la nuit du 19 au 20 septembre, à Saint-Pierre-des-Corps, commune populaire à côté de Tours. Barricades, véhicules qui partent en fumée, déploiement policier massif, hélicoptère et affrontements. La révolte s’est répandue comme une trainée de poudre après qu’une voiture de police ait percuté un jeune homme à scooter. Ce dernier a été gravement blessé à la jambe mais est heureusement encore en vie. Des images prises sur place montrent le véhicule sérigraphié encastré dans le deux roues, signe d’une violente collision.
La préfecture communique froidement qu’au cours d’une intervention, une «moto a été heurtée par un véhicule de police». Et tous les médias parlent d’un simple «accident». Sauf que ce n’en est pas un : les forces de l’ordre ont délibérément tamponné la victime pour l’arrêter. D’ailleurs, le policier au volant a été placé en garde à vue, un fait rarissime. Et ces pratiques ne sont pas nouvelles non plus dans le quartier. Thomas Delplace, élu Insoumis local, révèle qu’il a déjà alerté la préfecture en mai dernier, suite à une précédente tentative «d’interception» d’un scooter par une voiture de police. La scène, très dangereuse, avait choqué les témoins. Lors de cette intervention, les policiers avaient tiré des grenades lacrymogènes et de désencerclement dans le quartier, au milieu des familles.
Cette méthode barbare est appelée le «parechocage» : elle consiste à percuter une personne pour l’arrêter. Sa légalisation est réclamée par les syndicats policiers depuis des années. Eric Zemmour avait ainsi déclaré : «Je suis favorable au contact tactique» entre les voitures de police et les deux-roues.
Même si elle n’est pas légale en France, cette technique est fréquemment utilisée par les policiers dans les quartiers populaires. Et elle tue de plus en plus.
Le 6 septembre 2023, à Élancourt, en…
Auteur: B
