La Saint Valentin, l’amour, le couple et la jalousie. Il n’a jamais été clair si Marcel Proust croyait véritablement à l’amour ou plutôt s’il croyait à l’amour véritable. Au fond, il devait penser que l’amour était de ces choses dont on s’est toujours mépris sur l’objet : on imagine aimer un être de chair et d’esprit quand c’est le paysage, les odeurs alentour, les mets que l’on goûte, les musiques des instants ou les fantasmes qu’on en retire qui font que l’on tombe en pâmoison. C’est au nom de cette multiplicité des atours de l’amour, de ces circonvolutions qui le définissent mieux en creux qu’en absolu, que l’on est légitime à en faire évoluer constamment la définition.
La vision monolithique du couple (…) subit les assauts précieux de toutes celles et tous ceux qui veulent interroger (…) les normes.
L’amour, ce n’est pas comme tendent à nous le dire nos contes et légendes, trop de nos histoires et représentations, un homme et une femme dont, comme pour Tristan et Iseult, les ronces relient les tombes. La vision monolithique du couple, imprégnée de culture chrétienne, subit les assauts précieux de toutes celles et tous ceux qui veulent interroger – quand ce n’est pas détruire – les normes instaurées et construites. Mieux : de la possibilité du divorce au polyamour, la nécessité de l’engagement mutuel et éternel de deux individus est aussi remise en cause. Dans sa contractualisation à tout le moins.
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Pour autant, il est une constante qui remonte au moins aux mythes grecs : la jalousie. Tourment par excellence de l’être amoureux, il génère autant de passions contradictoires que de douleurs aiguës. Chez Proust, on…
Auteur: Pablo Pillaud-Vivien

