La Rochelle (Charente-Maritime), correspondance
Sainte-Soline, séchée par les canicules, est révélatrice de la fragilité des mégabassines face au changement climatique. Interdite de remplissage et d’utilisation depuis la décision de la cour d’appel de Bordeaux de décembre 2024, la réserve de substitution de Sainte-Soline s’était vue partiellement remplie par les pluies hivernales à hauteur de 50 000 m³. Un volume conséquent qui s’est intégralement évaporé durant les deux premières canicules ! Rien qu’entre le 15 juin et le 20 juillet, 40 000 m3 — la consommation annuelle de plus de 900 personnes — ont été dissipés, pschit !
Une démonstration en conditions réelles de la vulnérabilité des mégabassines pour stocker l’eau à usage agricole face à un climat qui se réchauffe et à des vagues de canicule de plus en plus précoces et fréquentes. De quoi appuyer l’argument des opposants aux mégabassines qui critiquent les risques d’évaporation massifs dans les stockages d’eau en surface, là où les nappes phréatiques préservent la ressource.
Une démonstration de poids, au lendemain de l’adoption de la loi d’urgence agricole qui prévoit le doublement des stockages d’eau d’ici 2035.
1 000 m3 d’eau évaporés chaque jour
De son côté, la Coopérative de l’eau des Deux-Sèvres (Coop de l’eau 79), gestionnaire des mégabassines du bassin de la Sèvre niortaise et du Marais poitevin — dont fait partie Sainte-Soline —, présente systématiquement les mêmes chiffres rassurant sur l’évaporation : « Les valeurs maximales d’évaporation constatées […] sur les réserves de substitution sont de l’ordre de 3 à 4 % du volume stocké. La pluviométrie compense largement l’évaporation », énonce ainsi l’organisation sur son site. Une affirmation que l’année écoulée contredit point par point.
Remplies en temps normal par pompage des nappes phréatiques durant…
Auteur: Sylvain Lapoix
