Sacha, 27 ans, est arrivé vendredi soir, en voiture, avec quelques ami.es à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, pour participer à la manifestation contre les mégabassines.
« Le premier épisode de mobilisation a eu lieu le soir même, quand on a appris que la quarantaine de tracteurs acheminés par la Confédération paysanne étaient bloqués, mais ils ont finalement pu arriver. Le lendemain, on est partis vers 11 h du campement, à pied et à travers champs, en direction de la bassine. On a marché environ six kilomètres sans voir un seul policier. Ils nous attendaient tous à la bassine, en mode forteresse. Le dispositif était vraiment impressionnant, de type militaire.
On a essayé d’encercler le site du chantier et ils nous ont tout de suite tiré dessus. Des grenades tombaient toutes les deux secondes. Comme on ne pouvait pas entourer la bassine, on s’est donc polarisé au même endroit pour essayer d’y accéder, mais la confrontation a été ultraviolente. En moins d’une heure, on a eu plus de 200 blessé·es, dont plusieurs grièvement, avec un pronostic vital engagé pour l’un d’entre eux. J’étais au talkie-walkie et on n’arrêtait pas d’entendre : “Ils sont où les médics, ils sont où ?” Et on les voyait tous, à terre, en train de soigner les gens. »
« On n’était pas du tout préparés à ça »
« Les gens sont venus à cette manifestation en sachant qu’il y aurait des confrontations, mais sans se douter qu’ils pourraient être en danger de mort. On n’était pas du tout préparés à ça. Quand j’entends que le gouvernement ose chiffrer les blessés à sept, je trouve que c’est cynique, parce qu’il ne parle là que des blessés qui ont été hospitalisés. Et l’évacuation de celui dont le pronostic vital est engagé a été bloquée par les forces de l’ordre. Ils ont pris le cortège à rebours et balancé des lacrymos sur des plaies ouvertes, ce qui fait très mal.
Manifestation à Sainte-Soline
« Le GIEC serait-il éco-terroriste ? » dit la pancarte.
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Au-delà de toutes ces blessures, cela a été un moment traumatisant pour tout le monde. On est tous en…
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Auteur: Nolwenn Weiler

