Le franco-palestinien Salah Hammouri est né en 1985 à Jérusalem. Il est arrêté pour la première fois en 2001, à l’âge de 16 ans. Incarcéré entre 2005 et 2011, il devient ensuite avocat. En août 2017, il est placé en détention administrative pour 13 mois. En mars 2022, il est à nouveau emprisonné. En vertu de la loi de 2018 sur le « défaut d’allégeance », Israël lui retire sa carte de résident. Il est déporté en France en décembre 2022.
Quand avez-vous été confronté pour la première fois à la politique d’emprisonnement des Palestiniens menée par Israël ?
Salah Hammouri : Dans les années 1980, mon oncle a été recherché par l’armée israélienne. Je suis né en 1985. De 1987 à 1992, l’armée israélienne débarquait quasiment toutes les nuits chez nous. Ils nous mettaient dans une pièce, ils fouillaient la maison, ils cassaient tout. En 1992, mon oncle a été arrêté. J’avais 7 ans. Il a été emprisonné à Ramallah. Ma grand-mère a décidé que je devais lui rendre visite. On se réveillait à 4 heures du matin, on prenait le bus de la Croix-Rouge. Pour moi, c’était la première fois. On entrait par le grand portail, il y avait l’armée de tous les côtés. On avait peur ; j’étais petit. Je voyais des scènes que je n’avais jamais vues avant. Je connaissais déjà l’occupation quotidienne, mais j’en découvrais une nouvelle dimension.
J’ai été isolé 60 jours, quasiment sans visite d’un avocat.
Vous aviez 16 ans lors de votre première incarcération. Quel était le contexte ?
C’était au moment de la deuxième Intifada, qui a commencé en septembre 2000. J’ai été blessé par balles en décembre. Je faisais partie d’un syndicat étudiant. On collait des affiches, on recrutait des jeunes. Mon école était à Jérusalem. J’ai été arrêté le 31 août 2001 pour m’être opposé à…
Auteur: Pauline Migevant

