C’est une grande victoire pour le recyclage en France. Selon les informations de Reporterre, la Métropole de Rouen va annoncer, mardi 10 mai, la concrétisation du rachat du site UPM Chapelle Darblay de Grand-Couronne, près de Rouen (Seine-Maritime). Depuis plusieurs années, les salariés se battaient pour la survie du dernier site français à même de fabriquer du papier journal et d’emballage 100 % recyclé. Celle-ci avait été fermée en 2020 après quatre-vingt-dix années de fabrication de papier journal.
L’intercommunalité officialisera le rachat à UPM lors d’une conférence de presse, ainsi que la vente, au même prix, à des industriels. Le consortium d’entreprises Veolia/Fibre excellence, qui « s’est porté candidat pour reprendre l’exploitation et prolonger le développement de l’usine en répondant pleinement aux enjeux industriels et environnementaux », comme l’annonçait la Métropole dans un communiqué, est donc parvenu à ses fins. Comme envisagé en mars dernier, les industriels ont créé « une société de projet qui louera ses actifs à Veolia, énergéticien et recycleur de vieux papiers et cartons, et à Fibre excellence, papetier ». Deux cents emplois « directs » devraient être créés.
Nicolas Binet, opérateur de maintenance à l’usine UPM la Chapelle Darblay. © Alexandre-Reza Kokabi / Reporterre
L’horizon avait commencé à s’éclaircir le 11 février dernier pour les défenseurs de l’usine. Agissant par délégation de la commune de Grand-Couronne, le président socialiste de la Métropole de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, annonçait la préemption du site, estimée à environ 6 millions d’euros. En achetant le site, l’intercommunalité évitait ainsi son rachat par le groupe Samfi-Paprec, qui souhaitait produire de l’hydrogène et ne comptait pas préserver l’activité initiale de l’usine. Ce projet « aurait écarté l’activité de recyclage et de traitement in situ de papiers et de carton », indiquait la Métropole.
Une nouvelle étape a été franchie le mardi 1ᵉʳ mars. Pour maintenir l’activité de recyclage papier-carton, les élus métropolitains ont voté à l’unanimité une enveloppe de 3,6 millions d’euros pour racheter les équipements de l’usine — machines, pièces de rechange, stocks… « On va réussir à la redémarrer, cette putain d’usine ! » s’enthousiasmait alors Cyril Briffault, délégué syndical CGT au sein de l’usine, auprès de Reporterre. Comme espéré, l’opération a abouti une fois passé le…
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Auteur: Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre) Reporterre

