.Depuis Roussel a choisi de sur-jouer son côté Astérix, défenseur de la viande et de la culture française.
Il fait semblant de ne pas comprendre ses détracteurs alors qu’il savait pertinemment que sa déclaration ferait polémique.
C’était une provocation, faisons-en une provocation à penser.
Mélenchon s’était essayé en 2007 à ce petit jeu avec sa fameuse salade quinoa-crevettes… double bévue car le quinoa ne peut plus séduire les écolos et les crevettes font bondir les végans.
Il y a urgence que les gauches reviennent à des politiques alimentaires capables d’être entendues par les milieux populaires.
Le Parlement de l’Union Populaire se penchera bientôt sur ces questions alimentaires… Essayons d’apporter du grain à moudre.
Un éco-socialisme (ou un écocommunisme) gourmand…
On aurait tort de penser que les insultes contre Roussel s’expliquent simplement par le climat électoral délétère, elles témoignent de ce qui ne va plus dans une partie des gauches. Je ne traiterai dans ce texte que de la question de l’alimentation. Celles de la nation et de la République mériteraient d’autres papiers. Les détracteurs de Fabien Roussel ignorent tout visiblement de l’histoire du communisme français, et plus largement de celles des gauches et des mouvements populaires.
Oui de Pierre Leroux (1794-1871), inventeur du terme de « socialisme » à Charles Fourier (1772-1837), un des pères du « socialisme utopique » en passant par Gracchus Babeuf (inventeur du mot « communisme ») et les frères-ennemis Marx, Proudhon, Bakounine la bonne bouffe a toujours fait partie des traditions révolutionnaires françaises et internationales !
Fourier proposait même de lier le socialisme et ce qu’il nommait la « gastrosophie » puisqu’il s’agissait d’apporter au peuple les « raffinements de bonne chère réservés aux oisifs ». Le but était d’organiser la voracité générale, de promouvoir la gourmandise source de sagesse, de transmettre la culture du plaisir. Il s’agissait d’élever l’appétit du peuple au degré suffisant pour consommer « l’immensité des denrées que fournit le nouvel ordre ». Ce qui caractérise la société d’harmonie c’est la surabondance des plaisirs. On comptait dans sa société parfaite cinq repas par jour, composé chacun de 40 plats, pris dans d’immenses réfectoires. La gastrophobie voulait réconcilier les plaisirs de la cuisine et la santé. Fourier proposait une hiérarchie des aliments qui excluait les « nourritures inqualifiables et indigestes »,…
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Auteur: Paul ARIES, politologue spécialiste de l’alimentation. Le grand soir

