Le Salon de l’agriculture s’est ouvert le 21 février dans une ambiance morose. Inondations, sécheresses, dermatose nodulaire contagieuse, flambée des prix… Le monde paysan reste soumis à de rudes épreuves. Ces crises successives font des dégâts, mettant un nombre croissant de fermes en grandes difficultés financières. Pour preuve, 1 735 exploitations agricoles ont fait l’objet en 2025 d’une procédure collective — soit d’un plan de sauvegarde, d’un redressement judiciaire ou d’une liquidation judiciaire — selon le bilan d’Altares, expert de l’information des entreprises. Une hausse de 15,8 % par rapport à l’année précédente.
Malgré une fragilisation du secteur, le gouvernement a cependant décidé de réduire drastiquement les aides destinées aux exploitations les plus en difficulté dans le budget 2026, adopté via le 49.3. C’est ce que dénonce Solidarité Paysans, association qui accompagne les agriculteurs en détresse : « Ce budget entérine une baisse de 80 % du financement de l’Aide à la relance de l’exploitation agricole (Area) pour 2026, malgré les avis unanimes des deux assemblées pour rétablir ce financement, malgré les amendements adoptés à plusieurs reprises en ce sens et malgré les alertes multiples. » Concrètement, l’enveloppe consacrée à l’Area, passe de 6,7 millions d’euros en 2025 à… 1,3 million pour 2026.
« Les pouvoirs publics justifient cette baisse de 80 % du budget par le fait que l’enveloppe a été très peu utilisée l’an dernier. Ils ont donc fixé le montant pour 2026 à hauteur des crédits utilisés en 2025 », explique Christelle Hédouin, coordinatrice à Solidarité Paysans.
Des fermes exclues du dispositif
L’Area, mise en place depuis 2019, est l’une des rares aides publiques dédiées aux agriculteurs et agricultrices en difficulté. Elle vise à mettre en place un plan de restructuration de l’exploitation et un suivi…
Auteur: Fabienne Loiseau

