Bienvenue dans une époque où le sens des mots a été tellement détruit qu’à peu prêt tout peut être qualifié d’antisémite sauf un salut nazi.
Depuis le début du génocide à Gaza, Israël et toute la droite occidentale ont désigné comme «antisémite» un nombre incalculable de choses. Par exemple, les pastèques, pire qu’un salut nazi.
En effet, ce fruit rouge, noir, blanc et vert est utilisé comme symbole de soutien à la Palestine. En mars 2024, Louis Vuitton sort un T-Shirt avec un logo évoquant des tranches de pastèques. «Est-ce que Louis Vuitton a créé un t-shirt comme une ode au Hamas ?», s’insurge l’organisation américaine Stop Antisemitism sur le réseau social d’Elon Musk. Une polémique s’ensuit, avec la demande de retrait du vêtement. Il y a un mois à Sidney, un officier de police arrêtait des personnes parce qu’elles avaient un logo de pastèque sur leur voiture et que c’était, selon lui, «antisémite».
L’ONU également a été qualifiée à d’innombrables reprises «d’antisémite», car l’institution internationale a dénoncé les massacres et la colonisation à l’encontre des palestiniens. L’exemple le plus récent étant Elise Stefanik, la nouvelle ambassadrice américaine à l’ONU, qui parle de la «gangrène antisémite» de l’organisation.
Les mains rouges ? «Antisémites» aussi évidemment ! En avril dernier, les étudiant-es mobilisé-es pour la Palestine avaient été expulsé-es par la police et avaient décidé de brandir leurs mains peintes en rouge. Un symbole mondialement connu dans de nombreuses manifestations, qui vise à dénoncer les États qui ont «du sang sur les mains». Une opération médiatique concertée a imposé un récit complotiste et délirant : les mains rouges seraient en fait un symbole caché antisémite faisant référence, de façon occulte, à un événement survenu en l’an 2000. Et le pire, c’est que ça a fonctionné.
Mélenchon, et les rares…
Auteur: B

