Un jeune homme est mort à Lyon. Il était militant d’extrême droite. Nous ne souhaitions pas sa mort, mais la disparition des idées politiques pour lesquelles il se battait. Nous ne laisserons cependant pas sa disparition être instrumentalisée pour justifier la répression contre nous. À la veille d’une manifestation de l’extrême droite dans nos rues*, nous, Lyonnaises – l’une musulmane, l’autre activiste pour la justice sociale et climatique – écrivons ensemble.
Les parents de Quentin Deranque ont, eux, déclaré qu’ils ne se rendraient pas à la marche organisée et n’appellent pas à s’y rallier.
Féministes, antiracistes, militantes de gauche, nous partageons un même constat : l’inversion de la charge de la violence est en marche. Elle prépare un déferlement contre les musulman·es, contre les militant·es de gauche, contre les féministes, contre toutes celles et ceux qui refusent la normalisation de l’extrême droite. Nous écrivons pour transformer la peur en lucidité politique et pour appeler chacune et chacun à ne pas se laisser entraîner dans cette inversion.
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Les faits, et ce qu’on en fait
Jeudi 12 février, des affrontements éclatent dans les rues de Lyon entre groupes d’extrême droite et militants antifascistes. Quentin, 23 ans, est grièvement blessé. Il décède deux jours plus tard. La justice doit faire son travail. Mais avant même son décès, l’hallali politique est lancé.
Jordan Bardella parle d’« impunité de l’extrême gauche ». Marine Le Pen évoque des « milices terroristes »….
Auteur: Collectif

