« Désolé pour l’attente mais les journées sont bien chargées. » Quand Samy Djemaoun apparaît dans le hall de son cabinet d’avocat, à deux pas de l’Arc de Triomphe, à Paris, il a le pas de ceux qui prennent peu le temps de souffler. Il faut dire que l’avocat de 33 ans ne chôme pas.
Spécialisé dans la protection des droits et libertés fondamentales, l’homme travaille sans relâche pour défendre les droits des personnes étrangères, à la rue, souvent les deux. « Je veux rendre visible la façon dont l’administration les traite, entame l’avocat, les yeux rivés sur son écran d’ordinateur, où il passe d’un dossier à l’autre en quelques secondes. « Je veux surtout montrer que ces personnes aussi ont le droit d’être dans un prétoire et qu’une fois en salle d’audience, elles peuvent réussir à faire valoir leurs droits, qu’on peut gagner », poursuit-il.
Lorsqu’il n’est pas à son cabinet, c’est donc dans les prétoires des tribunaux administratifs de Paris, Versailles, Melun, Cergy ou encore Marseille et Rouen que l’avocat au barreau de Paris passe le plus clair de son temps. Là, l’un de ses principaux combats consiste à contraindre l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) à respecter les obligations qui lui incombent.
Plus de 500 familles relogées
En charge de l’intégration des personnes en demande d’asile, cet établissement sous tutelle du ministère de l’Intérieur doit notamment proposer aux demandeurs d’asile des « conditions matérielles d’accueil » – soit, le versement d’une allocation et l’obtention d’un hébergement – le temps de l’étude de leur demande et en fonction de leurs ressources et de leur degré dit « de vulnérabilité ».
Les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies…
Auteur: Cécile Massin

