Le contraste est saisissant. Vendredi, le comité Nobel norvégien récompensait Navi Pillay, ancienne juge de la CPI, pour son combat en faveur de la justice et du droit international. Quelques heures plus tard, l’administration de Donald Trump annonçait des sanctions contre ce même tribunal, dont elle entend entraver les activités. Deux décisions qui résument, à elles seules, l’affrontement autour de l’avenir de la justice pénale internationale.
À New York, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a immédiatement condamné cette décision, y voyant « un coup sérieux porté à notre quête collective de justice pénale internationale ». Dans une déclaration publiée vendredi, il s’est dit profondément alarmé par ses conséquences sur la capacité de la CPI à remplir son mandat, notamment dans les affaires dont elle est saisie par le Conseil de sécurité ou les États parties au Statut de Rome.
La décision américaine marque une escalade majeure. Jusqu’ici, Washington avait principalement ciblé des individus travaillant pour la cour, y compris des juges et procureurs. Désormais, c’est l’institution elle-même qui est sanctionnée. Une distinction lourde de conséquences, dans la mesure où des banques, assureurs, fournisseurs de logiciels et autres prestataires pourraient être contraints de rompre leurs relations avec le tribunal de La Haye.
Le Trésor américain a toutefois prévu une période transitoire de six mois et certaines exemptions permettant le maintien de services essentiels.
Une offensive assumée par Washington
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, n’a pas dissimulé l’objectif de Washington. « Soit la CPI mettra fin à ses menaces, soit nous mettrons fin à la CPI », a-t-il déclaré, selon la presse.
Les États-Unis, qui n’ont jamais ratifié le Statut de Rome instituant la cour, contestent sa compétence à l’égard de leurs ressortissants et de ceux de certains pays…
Auteur: Nations Unies FR
