Sandrine Rousseau : « Cette campagne présidentielle est cruciale, nous sommes à un moment de bascule »

Basta! : Pendant la campagne des primaires écologistes, vous vous êtes d’emblée définie comme la candidate de la radicalité, en particulier sur les questions climatiques, féministes et antiracistes. Pourquoi avoir utilisé ce terme de radicalité ?

Sandrine Rousseau : Cela pose d’entrée le souhait d’un changement de système. Quel autre terme que celui-ci ? La radicalité signifie qu’au-delà de lister une somme de mesures, nous devons changer un système. Parce que ce système nous envoie dans le mur. Cela implique aussi une rapidité dans l’action. Nous n’avons pas vingt ans devant nous, seulement cinq ans. Si on suit les recommandations du Giec, nous devrions tous être dans l’action, massive, collective, immédiate. La radicalité nous pose la question : que fait-on pour se mettre en mouvement ? Cette campagne présidentielle est cruciale.

Si on accepte l’idée que nous disposons de quelques années pour agir, le temps que des politiques publiques fassent leur effet, ce mandat est charnière, c’est un moment de bascule. Ce n’est pas un mandat comme les autres. Cela répond aussi à une petite musique que j’entends dans le milieu écologiste de gauche : 2022 est perdu, positionnons-nous pour 2027. Et bien non, soit on est vraiment écologiste et sincère dans notre démarche, et dans ce cas il faut y aller maintenant, soit on fait de la politique politicienne, ce qui n’a pour moi pas d’intérêt.

Comment analysez-vous la dynamique qui vous a porté ? Pensez-vous qu’elle déborde le cercle des sympathisants de gauche et reflète un mouvement plus large dans la société ?

S’il y a bien une chose dont je suis sûre, c’est que j’étais en phase avec une partie de la société. Ce que j’ai porté, qui a été la cible d’attaques pour le tourner en ridicule, est profondément ancré. Plusieurs personnes m’ont confié : « Vous êtes la dernière chose que j’essaie. » C’était très fort. Il y a une colère et un désespoir que l’on ne mesure pas, surtout parmi les jeunes. Beaucoup des gens qui m’ont soutenue n’étaient pas engagés en politique, en étaient parfois très éloignés. Ces personnes ne sont pas familières du fonctionnement politique classique, et même le rejettent. Certaines ont vraiment été blessées par la défaite. D’autres m’ont dit avoir pleuré le soir du second tour.

Quand on fait campagne avec des personnes qui ne vont pas bien ou qui n’ont pas d’argent, on doit adapter le fonctionnement politique

Qu’est-ce qui vous a enthousiasmé et que vous…

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Auteur: Ivan du Roy, Nolwenn Weiler

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