Reporterre publie chaque jour de la semaine le portrait et l’interview de l’un des cinq candidats à la primaire des écologistes, dont le premier tour se déroule du 16 au 19 septembre et le second du 25 au 28 septembre, en vue de la présidentielle de 2022. L’ordre de passage a été tiré au sort.
Paris (11ᵉ)
« J’ai conscience que ça va être très violent. » Lorsque nous avions rencontré Sandrine Rousseau pour la première fois au mois de mars 2021, elle n’était pas dupe. Installée sur le canapé d’un appartement parisien qu’elle emprunte lors de ses passages dans la capitale — elle réside le reste du temps à Lille (Nord) — elle l’avait prédit : la campagne présidentielle allait être difficile. Six mois plus tard, l’histoire lui a donné raison. « Je ne pensais pas que ça allait arriver si vite », dit-elle aujourd’hui, dos droit, look strict mais sourire amical, assise à l’extérieur de son bureau de campagne à Paris.
Cette économiste de 49 ans, enseignante et vice-présidente de l’université de Lille méconnue du grand public, a été propulsée en quelques semaines dans le grand bain de la primaire écologiste. Et avec elle, les attaques, les polémiques et le cyberharcèlement. Parmi les cinq candidats à la primaire, censée désigner le prétendant vert à la présidentielle de 2022, Sandrine Rousseau, adhérente d’Europe Écologie—Les Verts (EELV), se présente comme la plus radicale.
« Elle a une forme de clarté et de rupture assumée, commente Thomas Portes, son porte-parole. Elle n’est pas dans l’idée qu’il faut contenter tout le monde et que les décisions seront faciles à prendre ; celles-ci sont nécessaires pour livrer une planète respirable pour nos enfants et elle compte les endosser. » Ses soutiens louent une femme « gentille », « adorable », « qui pense aux autres ».
Parmi les propositions de Sandrine Rousseau, on retrouve la réduction du temps de travail, la valorisation du Smic, la mise en place d’un revenu d’existence à 850 euros par mois, mais aussi l’augmentation du prix du carbone, la taxation des riches et la sortie des pesticides. Elle se définit comme « écoféministe », dénonce les « humiliations » et discriminations faites chaque jour « à des millions de Français et Françaises » selon leur couleur de peau, leur genre, leur sexualité ou leur santé. Sa candidature a suscité beaucoup d’enthousiasme au sein des réseaux militants féministes, LGBT et antiracistes.
© Mathieu Génon/Reporterre
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Auteur: Justine Guitton-Boussion (Reporterre) Reporterre

