Fin du suspens. Le 26 août, à la tombée de la nuit, Emmanuel Macron a définitivement fermé la porte à la nomination de Lucie Castets à l’hôtel de Matignon. Aux yeux de Gabriel Attal, son Premier ministre démissionnaire, l’application du programme du Nouveau Front populaire (NFP) « aboutirait à un matraquage fiscal sans précédent » et « à un effondrement économique de notre pays ».
Les Insoumis, qui déplorent que le locataire de l’Élysée fasse ainsi fi du scrutin des législatives, agitent la menace d’une motion de destitution. « Je crois que c’est sain de pouvoir parler, de pouvoir discuter en hémicycle et dans les Assemblées du comportement autoritaire du président de la République », a déclaré Mathilde Panot, le 28 août, au micro de RTL. Une initiative désormais soutenue par l’Écologiste Sandrine Rousseau.
Reporterre — Vous êtes la première députée, en dehors de La France insoumise, à vous prononcer en faveur de cette procédure de destitution. Pourquoi la soutenez-vous ?
Sandrine Rousseau — La Constitution ne nous protège pas contre un président de la République abusant du pouvoir qu’il a entre les mains. Or, c’est exactement ce à quoi Emmanuel Macron joue en ce moment, en trahissant la voix des électeurs.
La seule arme à notre disposition pour contrer ce coup de force antidémocratique, c’est la motion de destitution. Certes, elle est imparfaite puisqu’elle nécessite que le président soit en incapacité, ce qui n’est évidemment pas le cas aujourd’hui. Pour autant, c’est notre seule arme.
Le 26 août, vous disiez encore qu’il fallait attendre le bon moment pour brandir cette menace.
Oui. Je trouvais que les Insoumis avaient introduit la destitution trop tôt dans le débat. Je penchais pour la prudence. Seulement, les déclarations d’Emmanuel Macron tenues le 26 août m’ont poussé à changer d’avis. Invoquer la stabilité institutionnelle pour justifier…
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Auteur: Emmanuel Clévenot

