Après la démission du Premier ministe Sébastien Lecornu et la perspective d’une éventuelle dissolution, la gauche peine à se réaccorder. Sandrine Rousseau appelle à faire bloc. La députée écologiste de la 9e circonscription de Paris plaide pour une union fidèle au programme du Nouveau Front populaire (NFP). Elle y voit l’unique chemin possible pour répondre à « un cri puissant » du peuple de gauche, et pour opposer un projet de société solidaire et écologiste à la montée du bloc autoritaire.
Reporterre — Comment vivez-vous cette séquence politique ?
Sandrine Rousseau — Très mal. Parce qu’elle intervient à un moment où le pays traverse une crise profonde. Le tissu associatif se délite faute de subventions, les collectivités territoriales manquent de moyens, les faillites d’entreprises se multiplient, ainsi que les plans sociaux. Pendant ce temps, j’ai le sentiment que le monde politique tourne sur lui-même, comme un poisson rouge dans son bocal, sans jamais répondre aux problèmes réels des gens.
Ce décalage est d’autant plus insupportable qu’on vient de dépasser la septième limite planétaire, sans qu’un mot n’ait été prononcé à ce sujet. J’ai parfois l’impression de vivre dans une dystopie. Dans cette dystopie, la gauche devrait être le remède, le débouché politique à toutes ces urgences sociales, écologiques et démocratiques.
La gauche est-elle en voie de s’unir de nouveau, comme après la dissolution de juin 2024 ?
Sur le papier, oui. À l’Assemblée, nous votons ensemble dans près de 90 % des cas. Nous avons uni nos voix pour les vice-présidences la semaine dernière, et tout le monde s’est retrouvé dans la même salle. Et puis, soudainement, quand on a le plus besoin de nous, des « dramas » éclatent. On se regarde entre nous, on ressasse des rancunes, comme si la politique était une affaire d’humeur. J’ai parfois l’impression d’être dans Les Feux…
Auteur: Alexandre-Reza Kokabi

