Du latin « paulus » (faible, petit), Paule Position est une tentative de starting-block populaire. Sous cet alias commun, plusieurs personnes – parfois seules, le plus souvent ensemble – dissèquent le quotidien qu’elles traversent afin de comprendre ce qui pourrait leur faire du bien et, par le partage de leurs mots, relier le langage à l’expérience du monde.
C’est les vacances. La ville entière est un hall de gare. Il manque juste la clim.
Sur les trottoirs, les gens se baladent, ils ont l’air détendus. Je sais que c’est du fake : tout le monde est stressé en vacances, et toutes les gares puent le seum. La ville suinte le seum. Le seum des au revoir, des trains manqués, supprimés ou en retard, celui des mauvaises rencontres ou de celles qu’on n’a pas le temps de vivre vraiment. Pique d’ocytocyne puis plus rien, ça se parle plus, on s’oublie, alors on se dit en silence : le temps fera son affaire, mais on y croit pas, parce que ça reste, ça s’appelle les souvenirs et les souvenirs c’est écrire des trucs qui restent collés dans le cerveau. Aujourd’hui j’ai le cerveau grillé à cause de ce grand soleil bien vnr qui pointe à 45°. Mon coeur, lui, est un petit astre tout congelé, en mode Häagen Dazs Cookie Dough, mais sans les Cookies Dough, donc sans aucun intérêt.
L’été c’est aussi cette odeur des sandwichs Brioche Dorée, trop chers et pas assez cuits, où l’œuf et la tomate se sont accouplé aux démons, s’unissant tous les trois dans la même matière flasque qui ne sent ni l’œuf, ni la tomate, encore moins la sandwich. 7€ le voyage dans les bas-fonds de la gastronomie, avec la moitié des légumes tombés dans le fond du papier kraft, c’est bof. La ville entière voyage avec des couverts en plastiques, un bout de sopalin, une vinaigrette en sachet. Le voyage c’était son truc à lui. Il voulait tout le temps partir. Il était jamais bien là où il était. Il m’avait dit : nous…
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Auteur: dev

