La parole. Et les actes. En Macronie, ces deux mots s’accordent rarement. En tout cas, pas lorsqu’il s’agit de lutter contre les grandes forces de la finance. « Déléguer à d’autres le soin de produire les médicaments essentiels dans un monde qui se fragmente, c’est une impasse. On l’a vécu en cas de crise sanitaire, on pourrait être amenés à le revivre et c’est pourquoi il nous faut redoubler d’effort », expliquait fièrement Emmanuel Macron en 2023, lors d’un déplacement sur le site du laboratoire Aguettant, en Ardèche.
Que valent, finalement, quelques centaines de salariés français dans un potentiel océan d’argent ?
À peine un an plus tard, cette déclaration est tournée en ridicule par la cession d’Opella, la branche pharmaceutique grand public de Sanofi qui produit notamment le Doliprane, au fonds américain CD&R. Le tout pour plus de 15 milliards d’euros, avec la grande complaisance de l’État français. « Après plusieurs jours de dialogue, un accord inédit [a] été trouvé reprenant l’ensemble des exigences fixées par l’État », a ainsi souligné Bercy lundi 21 octobre.
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Entre autres, le maintien de la production et de l’emploi en France sous peine de sanctions financières, pendant une période de seulement cinq ans. Après l’exemple récent d’Alstom, il ne serait pas présomptueux d’affirmer qu’on sait déjà ce qui se profile à l’horizon. Car les actionnaires ne sont jamais assez gavés. Et que valent, finalement, quelques centaines de salariés français dans un potentiel océan d’argent ? Pour des financiers américains, rien.
Comment, alors, ne pas s’indigner d’une telle opération qui sacrifie…
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Auteur: Pierre Jequier-Zalc

