Après avoir connu un regain d’intérêt à partir des années 2000, l’exigence d’intégrité de nos responsables politiques connaît aujourd’hui un reflux inquiétant. Celui-ci se traduit tant dans les récentes réformes législatives que dans les choix électoraux.
Les lois fondatrices du 11 octobre 2013 ont solennellement affirmé les obligations de dignité, de probité, d’intégrité et de prévention des conflits d’intérêts qui s’imposent à nos responsables politiques. Elles ont créé la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qui contrôle les déclarations de patrimoine et d’intérêts de plus de 17 000 assujettis, notamment celles des députés, des sénateurs, des membres du gouvernement et de certains élus locaux.
Des moyens juridiques, humains et financiers très insuffisants
D’autres dispositifs déontologiques ont ensuite été mis en place tels que le référent déontologue, chargé d’accompagner les élus locaux et les agents publics, le registre des représentants d’intérêts, le contrôle par la Haute Autorité de la reconversion professionnelle vers le secteur privé (le « pantouflage ») des décideurs publics, l’obligation pour les collectivités publiques, d’adopter, sous le contrôle de l’Agence française anticorruption, un programme dit de compliance pour prévenir les atteintes à la probité (cartographie des risques, procédure d’alerte éthique, code de déontologie…).
La France fait aujourd’hui partie des pays dotés des standards d’intégrité publique les plus élevés au monde. Pourtant, tout ceci n’a pas suffi à renouer avec la confiance, les dernières études démontrant que, même pour l’échelon local habituellement moins exposé à la défiance, les citoyens perçoivent la classe politique comme étant plutôt corrompue et les élus intéressés par leurs propres intérêts.
Paradoxalement, l’exigence…
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