Ratcliffe-on-Soar, Nottinghamshire (Royaume-Uni), reportage
Depuis les fenêtres du train, elles s’imposent au passager. Huit tours massives de béton de la centrale électrique au charbon de Ratcliffe-on-Soar sont, depuis 56 ans, le repère des habitants du Nottinghamshire, au cœur de l’Angleterre.
« Quand on arrive de l’autoroute, on les aperçoit à environ 10-15 miles. On sait alors qu’on est proches de la maison. C’est un peu notre tour Eiffel », dit Sid. Attablé à un pub, ce commerçant de la petite ville voisine de Beeston, souhaiterait que le paysage reste inchangé : « C’est purement sentimental. » « Il faut faire la place au progrès, non ? » lui sourit Colin, son compagnon de pinte.
Car les huit tours sont promises à la disparition. La centrale à charbon, la dernière en activité du Royaume-Uni, cesse définitivement de fonctionner ce lundi 30 septembre. Uniper, son propriétaire allemand, s’apprête à enclencher la phase d’après : le démantèlement, un processus qui durera deux ans, puis la démolition, qui sera progressive jusqu’à 2030.
Pour les habitants, une page se tourne. Le charbon fut autrefois roi dans les East Midlands. À son apogée, la région comptait près de 80 mines. Elles alimentaient la vingtaine de centrales environnantes qui se sont multipliées dans les années 1960 et 1970.
Ray State, 82 ans, était chargé de la surveillance des trains qui transportaient le charbon. « C’était un travail très sale. Lorsque le train déraillait, nous étions ensevelis sous la poussière de charbon », raconte-t-il, ajoutant ne pas être « nostalgique ».
« J’étais fier de travailler dans cette industrie »
De son côté, Roy Fardell, 87 ans, a les yeux qui s’animent lorsqu’il évoque devant son neveu ses 23 années de labeur dans la centrale. « J’étais fier de travailler dans cette industrie parce que le Royaume-Uni était le leader européen dans la production…
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Auteur: Laure Van Ruymbeke

