L’ESSENTIEL
– L’activité des pompiers les expose, tout au long de leur carrière, à de nombreux facteurs de risque, qu’ils soient chimiques, physiques ou psychiques
– Ces expositions multiples sont très intriquées les unes avec les autres, ce qui complique l’évaluation de leurs effets sur la santé
– Des recherches complémentaires sont encore nécessaires pour dresser un panorama plus complet des risques auxquels font face les pompiers et améliorer la prévention
Le changement climatique entraîne des étés plus longs, plus chauds et plus secs, qui alimentent des incendies de végétation d’une ampleur et d’une durée sans précédent. Des « mégafeux » frappent désormais régulièrement l’Amérique du Nord ou l’Australie. Ils se déclarent aussi de plus en plus souvent en Europe, et notamment en France.
Ces feux de grande ampleur mobilisent les sapeurs-pompiers sur des périodes d’engagement historiquement longues. Or, on sait qu’une exposition, même de court terme, aux particules fines PM 2,5 provenant des feux de végétation est associée à une surmortalité substantielle à l’échelle mondiale.
Mais ces particules ne sont pas le seul facteur de risque pour la santé auquel les soldats du feu sont exposés. Outre les autres composés toxiques présents dans les fumées, les pompiers sont aussi susceptibles de se retrouver en contact avec de nombreuses autres substances délétères. La dangerosité de leur métier les expose aussi aux accidents du travail, au stress, ainsi qu’aux traumatismes psychologiques.
Cette grande diversité de facteurs de risques complique les études qui tentent d’en déterminer les effets sur la santé des pompiers. Nous avons récemment publié une synthèse destinée à faire le point sur les connaissances disponibles. Voici ce qu’il faut en retenir.
La mortalité des pompiers
La mortalité globale des pompiers semble comparable à celle d’autres professions, ce qui peut…
Auteur: Alexis Descatha, Professeur de santé au travail, Université Angers, CHU d’Angers, Inserm, U1085 Irset, équipe Ester, Université d’Angers
