L’octocrylène, ce filtre chimique, est encore très répandu dans les produits cosmétiques. La molécule est utilisée comme filtre à ultraviolets dans des crèmes anti-âges et dans de nombreux écrans solaires.
La demande de restriction auprès du gouvernement a été effectuée dans le cadre d’une évaluation toujours en cours des effets de l’octocrylène sur la santé humaine et l’environnement. Cette évaluation est faite dans le cadre de la réglementation européenne REACH (Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals), qui recense et évalue les substances chimiques en Europe.
Les chercheurs ont utilisé une procédure appelée RMOA (Risk Management Options Analysis), afin d’évaluer toutes les options afin d’éliminer les risques liés à la présence de l’octocrylène dans l’environnement. Pour éliminer les risques, l’agence estime qu’il faut restreindre l’utilisation de la substance chimique.
De nombreux travaux sur le sujet ont établi les effets néfastes de l’octocrylène sur la vie marine : sur le zooplancton, les microalgues ainsi que les coraux. Plusieurs territoires l’ont déjà interdite dans les produits de protection solaire, tels que les îles vierges des Etats-Unis ou la république des Îles Marshall. Il est également interdit de distribution dans le comté d’Hawaï, et même d’utilisation sur l’île Maui.
En 2021, une étude menée par le CNRS et l’université de la Sorbonne démontrait par ailleurs qu’au bout d’une année, l’octocrylène se transformait en benzophénone, un perturbateur endocrinien qui peut traverser la peau, et provoquer des cancers du foie. La molécule affecte également les fonctions thyroïdiennes et perturbe le développement des organes reproducteurs.
L’ANSES attend désormais que le gouvernement porte la demande de restriction à Bruxelles, qui aura le dernier mot sur le retrait de la substance. Selon plusieurs sources internes, il y…
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Auteur: Maïté Debove

