« Mieux vaut prévenir que guérir ». Le dicton est connu, mais bien mal appliqué en France. C’est le point de départ de la mission d’information sénatoriale sur la prévention en santé, qui a rendu ce mardi son rapport pour améliorer le système français en la matière. Un enjeu décisif aussi bien en matière de santé publique que de financement de l’assurance maladie. « Notre modèle essentiellement curatif atteint ses limites », alors que « plusieurs indicateurs de santé ne progressent plus ou se dégradent », pointe la socialiste Marion Canalès, rapporteure de la mission avec Marie-Do Aeschlimann (Les Républicains) et Nadia Sollogoub (Union centriste).
Une faiblesse unanimement dénoncée et régulièrement remise sur la table. Dans son dernier rapport annuel, remis chaque année en prévision des débats budgétaires, l’Assurance-maladie appelle à faire de la prévention « la grande cause de la décennie ». « On parle souvent du virage préventif. Il est nécessaire de le prendre, et de façon très offensive », martèle la sénatrice socialiste, qui résume la situation actuelle d’une formule toute choisie : « Beaucoup de soin, mais peu de santé ».
Le vieillissement de la population rend ce virage plus nécessaire que jamais. Alors qu’en 2023, environ 37 % de la population souffre d’une pathologie chronique (maladies cardiovasculaires, diabète, cancers, maladies neurologiques…), ce chiffre devrait grimper…
Auteur: Christian Mouly

