Santé mentale des jeunes : la lente perdition

Difficile de lister toutes les études qui documentent la dégradation de la santé mentale des jeunes depuis plusieurs années. Mais la plus récente, coordonnée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l’université Paris Cité, intitulée Mentalo et toujours en cours en 2026, vient confirmer, une fois de plus, la solidité des chiffres répétés en boucle.

Cette étude s’appuie sur les réponses, recueillies plusieurs fois par an, de milliers de jeunes de 11 à 24 ans à un questionnaire, via l’application éponyme. Le résultat est sans appel : plus d’un tiers des répondants déclarent des signes de troubles anxieux ou dépressifs. L’impact de la crise du covid a souvent été invoqué.

ZOOM : Miel Abitbol, 18 ans, cofondatrice de l’application Lyynk

« Mes parents ont appris mes difficultés quand j’étais sur un lit d’hôpital après une tentative de suicide. » Alors préadolescente, Miel Abitbol traverse des événements traumatisants qui la fragilisent. La honte l’empêche de parler, jusqu’au geste décisif. S’enchaînent des années de « suivi psy ». « Parler est un premier pas vers la guérison. Ce n’est pas facile de parler de ce qu’on vit, mais, quand on le fait, il faut que quelque chose se passe. » Face aux services de soins saturés et à des soignants compétents mais épuisés, l’adolescente, suivie par une large communauté sur les réseaux sociaux, milite pour une meilleure prévention « en amont », afin d’éviter d’en arriver à de telles extrémités. « Tu te sens seule au monde quand tu es comme ça. Mais des centaines de messages me disaient “moi aussi”. »

La jeune femme parle aujourd’hui librement de ses coups de mou et…

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Auteur: Elsa Gambin

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