Vendredi 20 mai dernier, à Sarcelles, une jeune femme a failli se noyer, piégée dans un ascenceur bloqué au sous-sol de son immeuble par une inondation. Son témoignage ainsi que les images de la montée des eaux ont fait le tour de la toile. Un lecteur de lundimatin y a vu le symbole et la métaphore de la condition faite aux quartiers populaires.
C’est cette vidéo qui montre l’impuissance face à la situation que nous vivons. C’est quoi le grand Paris ? Des travaux qui n’en finissent plus de gâcher notre quotidien depuis dix ans, et qui ont fini par nous faire partir, laissant la place aux plus aisées, et ces immeubles qui sortent de terre sans s’arrêter partout autour de nous. Dans quoi est-ce qu’on a grandi ? Des cités HLM, laissées à l’abandon par des bailleurs sociaux, composées de ces personnes qui n’ont trouvé comme responsabilité à la fin de leur étude que de nous avoir sur les bras, les pauvres ! Pendant longtemps j’ai subi ma vie, comme un état de fait, une normalité qui dit son nom dans les instants de vie et les seules choses que je pouvais voir et donc connaître. Les partis politiques qui nous avaient toujours méprisés ne m’ont jamais intéressé, et je les ai d’ailleurs toujours rejetés. Puis à 25 ans, alors que mon meilleur ami et ami d’enfance était en prison à Lille, j’ai découvert la politique, et donc les livres et les voyages partout où je pouvais ; j’avais compris ce pouvoir. Jusqu’à récemment, j’avais intégré qu’étant plus jeune, nous étions avec ma famille des « cas sociaux ». Puis j’ai vu cette vidéo, et là j’ai compris. Les situations que j’ai vécues, le mal-être avec lequel j’ai grandi, l’impossibilité de trouver les sorties de secours de cette vie qui n’était alors que souffrance, n’étaient que des constructions, je n’étais pas là par hasard. C’est parce que des techniciens auraient rêvé me voir conduire un transpalette ou coder le énième panier achat d’un site de vente en ligne que la nécessité de Tout est forcement à intégrer dans cette révolte que je traîne depuis trop jeune. Tout, c’est la vie qu’on rêve d’avoir, c’est la vie qui ne nous est plus imposée. C’est arrêter de croire que parce qu’on s’intéresse à nous, c’est pour notre bien. Tout, c’est personne au-delà de nous-mêmes. C’est la vie après la survie.
Qu’est-ce qu’on doit croire quand nos vies sont des prisons et que nos corps ne sont même pas en…
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Auteur: lundimatin

