À J+1, on peut déjà retenir que les informations qui ont conduit au jugement d’hier ont été révélées par Mediapart, un journal indépendant. Il y a motif à se réjouir de la possibilité de l’existence de ce journal dans notre pays. Ce que Mediapart a fait était donc faisable par eux (ou par d’autres qui ne l’ont pas fait, faute de moyens ou de volonté).
La presse peut jouer son rôle d’enquête, d’information, d’alerte des citoyens. Que la leçon, une fois encore, soit retenue. La pluralité, l’indépendance de la presse et des médias est un pilier fragile, attaqué mais indispensable à la démocratie et à chacun de nous. Il faut la défendre.
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Lenteur de la justice
Mais il y a aussi motif à de lourds questionnements. Pourquoi les institutions n’ont pas décelé et enquêté plus tôt sur les dysfonctionnements nombreux produits par ce pacte de corruption ?
Dans cette affaire s’entremêlent surfinancement de campagne – et donc altération de la régularité du scrutin présidentiel –, liens inconcevables avec le régime de Mouammar Kadhafi – jusqu’à envisager de lui transférer les technologies du nucléaire –, sauf-conduit pour un terroriste coupable d’attentats contre des avions de ligne qui ont tué des dizaines de passagers, assassinat du président Kadhafi et guerre contre un État et sa population qui continuent de souffrir de cette déstabilisation, la Libye. Tous ces indices d’une gravité extrême étaient là, décelables.
La France ne peut devenir un pays où la présidence du pays s’achète.
On se souvient de la solitude de la secrétaire d’État aux droits de l’homme auprès de Bernard Kouchner, Rama Yade, qui seule a…
Auteur: Catherine Tricot

