Convaincues d’emblée de la dimension stratégique du domaine spatial, les autorités politiques françaises ont, dès la fin des années 1950, consenti au profit de celui-ci des efforts substantiels et continus.
Cette ligne de conduite a porté ses fruits, si bien que nos armées sont aujourd’hui dotées de capacités spatiales hautement performantes et couvrant un très large spectre de missions (télécommunications spatiales, observation et écoute électronique), ce que peu de pays peuvent mettre en avant. Une nouvelle génération de satellites destinée à apporter un appui aux opérations interarmées se met d’ailleurs actuellement en place.
À l’issue de ce mouvement, les armées disposeront en propre de trois satellites d’observation optique CSO, d’une constellation de trois satellites d’écoute électronique CERES et de deux satellites de télécommunications militaires Syracuse 4 ; en quelque sorte, les yeux, les oreilles et le porte-voix de la défense française dans l’espace.
CSO : les yeux
En 1995 est mis en orbite le premier satellite militaire d’observation optique européen. Il est français et s’appelle Hélios 1. Avec lui, les armées françaises accèdent à l’imagerie spatiale à haute résolution. Les deux Hélios 1 furent remplacés, au milieu des années 2000, par deux Hélios 2 aux performances accrues.
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La relève de la famille Helios en orbite est assurée depuis décembre 2018 par le programme CSO (pour composante spatiale otique) qui prévoit trois satellites identiques évoluant sur une orbite polaire héliosynchrone ; deux à 800 kilomètres pour la mission de reconnaissance et un à 480 kilomètres pour la mission d’identification permettant l’accès à des informations plus précises. Les deux premiers CSO sont opérationnels, le troisième le sera en 2023.
Maquette d’un satellite de la composante spatiale optique (CSO).
Wikimedia, CC BY-SA
CSO ouvre l’accès à une qualité d’image visible et infrarouge sans équivalent en Europe. Des innovations technologiques appliquées à son miroir de grand diamètre et ses plans focaux permettent ainsi d’acquérir des images couleur en extrêmement haute résolution, autrement dit des images qui permettent non seulement de détecter des éléments d’intérêt, mais aussi d’en comprendre la nature et de les identifier. Ainsi, avec CSO, il devient possible de distinguer si un individu est armé ou les détails d’un système d’armes.
Grâce à sa capacité infrarouge, qui capte la signature thermique des scènes observées, l’instrument de CSO permet également la prise de vues nocturnes à un niveau de performances sans commune mesure avec celui obtenu avec Hélios 2.
Mais pour un…
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Auteur: Philippe Steininger, Conseiller militaire du président du CNES, Centre national d’études spatiales (CNES)

