Le chant des calaos et autres oiseaux résonnent au milieu des arbres millénaires. À plusieurs dizaines de mètres de haut, un orang-outan saute de liane en liane à la recherche de fruits. Au loin, le vrombissement d’une cascade retentit. Dans son nouveau film Sauvages, Claude Barras nous plonge dans la forêt tropicale de Bornéo en Indonésie. Ou du moins ce qu’il en reste. À cause de la culture des palmiers à huile et de l’exploitation du bois, elle disparaît sous les tronçonneuses, laissant la place à des monocultures.
C’est ce que va découvrir Keria, une pré-adolescente de Bornéo qui recueille un bébé orang-outan trouvé dans la plantation de palmiers à huile dans laquelle travaille son père. Au même moment, son jeune cousin Selaï se réfugie chez eux pour échapper au conflit qui oppose sa famille vivant dans la forêt à des compagnies forestières.
Huit ans après Ma vie de courgette, film d’animation qui a réuni plus d’un million de spectateurs, Claude Barras revient avec ses marionnettes aux yeux écarquillés dans Sauvages. En salles mercredi 16 octobre, ce conte écologique invite petits et grands à rejoindre la lutte.
Reporterre — « Sauvages » raconte des faits réels : la lutte du peuple Penan en Indonésie contre la déforestation. Pourquoi avoir choisi de raconter leur histoire ?
Claude Barras — Je connaissais l’histoire des Penans depuis que j’étais adolescent grâce à Bruno Manser. Cet activiste suisse a consacré sa vie à la défense de ce peuple et de la forêt de Bornéo à partir des années 1980. Il a vécu plusieurs années avec eux et a disparu dans des conditions très obscures en Malaisie en 2000. En 2016, je suis tombé sur un rapport du WWF qui alertait sur la chute du nombre d’orangs-outans en Indonésie. Entre 1999 et 2015, plus de 100 000 orangs-outans de Bornéo ont disparu, en grande partie à cause de la destruction de leur habitat pour la culture de l’huile de…
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Auteur: Jeanne Cassard

