« Sauvages », la civilisation du vivant



Sauvages / Claude Barras / 1 h 27.

Le cinéma d’animation nourri par les travaux de recherche ? Pour en être persuadé, il n’est qu’à voir les remerciements formulés par Claude Barras au terme de son nouveau film, Sauvages, envers Baptiste Morizot, Vinciane Despret, Bruno Latour, Philippe Descola… On se souvient de Mon oncle d’Amérique, d’Alain Resnais, élaboré avec le neurobiologiste Henri Laborit.

La démarche est loin d’être aussi didactique ici. Ce dialogue entre cinéma et sciences sociales débouche sur une œuvre où règne la fiction, où la gravité est intégrée à une fantaisie charmante, et dont l’esthétique se situe dans la continuation du film précédent du cinéaste, le fameux Ma Vie de courgette, au grand succès public.


Sur le même sujet : « Ma vie de courgette », de Claude Barras : Des maux et des mômes

Les tropiques en plus : Sauvages se déroule en effet à Bornéo, en lisière de la forêt ancestrale, qu’une multinationale est en train de détruire pour développer la culture des palmiers à huile. Sur ce chantier, des ouvriers tirent sur une mère orang-outan dont le bébé orphelin est recueilli par Kéria, une adolescente qui, elle-même, a perdu sa mère quand elle était petite. Tandis que son grand-père maternel, appartenant à une tribu nomade vivant dans la forêt, les Penans, vient confier le jeune Sélaï, le cousin de Kéria, au père de celle-ci, pour le mettre en sécurité.

Sélaï, peu familier de la vie citadine, y est mal à l’aise, d’autant qu’il subit le racisme des copines d’école de Kéria, qui, elle-même, ne…

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Auteur: Christophe Kantcheff

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