Prétendre agir pour le climat… tout en polluant à outrance. Tel est l’étrange paradoxe auquel se prêtent moult invités à la COP30. Une enquête conjointe de Reporterre et du collectif Mémoire vive dévoile que 211 jets privés ont atterri à Belém, ville hôte du grand raout, entre le 5 et 16 novembre.
Un an plus tôt, à la même période, seulement 120 de ces appareils d’affaires avaient côtoyé le tarmac de cet aéroport international. Traduction : le trafic a bondi de 76 % à l’occasion du lancement de la conférence onusienne sur le climat.
La carte prend en compte la fin des trajets, après une escale éventuelle. Il est possible de se déplacer sur la carte avec deux doigts sur mobile, de zoomer-dézoomer et de cliquer sur un vol pour voir les détails de son empreinte carbone. © Mémoire vive
Ces nouvelles données illustrent l’éternelle difficulté des COP à s’extirper de l’emprise des plus grands pollueurs de cette Terre. En dépit des promesses formulées par le président brésilien Lula, selon lesquelles les peuples autochtones et la société civile devaient être au cœur des discussions, cette 30e édition est semblable aux précédentes : les patrons et lobbyistes de multinationales polluantes pullulent dans les couloirs de Belém.
Plus de 1 600 lobbyistes des hydrocarbures
Le 14 novembre, la coalition d’ONG Kick Big Polluters Out a comptabilisé plus de 1 600 lobbyistes des hydrocarbures. Une concentration record, à laquelle s’ajoutent plus de 300 lobbyistes de l’agrobusiness.
Et ces émissaires d’industries dévastatrices ne sont pas venus sauver la planète en vélo. En braquant nos radars sur les vols à destination de Belém, Reporterre et le collectif à l’origine du compte Instagram nommé L’Avion de Bernard ont déniché des immatriculations bien connues.
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À commencer par le F-
Auteur: Emmanuel Clévenot

