Le court essai que Bernard Lahire vient de publier, intitulé Savoir ou périr (aux éditions La Découverte), aborde les questions de formation, de production et transmission des connaissances, d’apprentissages, en scrutant la façon dont les systèmes scolaires et universitaires engendrent des effets de plus en plus délétères par rapport aux nécessites vitales des sociétés humaines.
Le sociologue Laurent Melito en fait ici une lecture élogieuse tout en pointant les possibles prolongements à l’ouvrage.
L’essai de Bernard Lahire, Savoir ou périr, se distingue, dans un format pourtant bref, par l’ampleur de son ambition théorique et la radicalité de son propos politique. En situant la question de la connaissance à l’intersection de la biologie évolutive, de l’anthropologie et de la sociologie des institutions, le sociologue propose un cadre d’analyse original qui mérite d’être examiné avec attention. Son texte n’est pas un simple pamphlet contre les dysfonctionnements du système éducatif français, mais une tentative de refondation conceptuelle de notre compréhension des enjeux liés à la transmission et à la création des savoirs.
La question centrale que pose Lahire peut être formulée ainsi : dans quelle mesure la création et la transmission des connaissances constituent-elles des nécessités vitales pour les collectivités humaines, et quelles conséquences doit-on tirer de ce constat pour l’organisation de nos institutions éducatives et scientifiques ? Cette interrogation, apparemment simple, ouvre en réalité sur des problématiques théoriques et pratiques d’une grande complexité, que l’auteur aborde avec une rigueur conceptuelle remarquable.
L’intérêt majeur de cet essai réside dans sa capacité à articuler différents niveaux d’analyse habituellement disjoints : le niveau phylogénétique de l’évolution…
Auteur: redaction

