Comme une sensation de déjà-vu. Alors que l’autoroute A69 est sur le point d’être mise en service entre Toulouse et Castres à la mi-octobre, à l’issue d’un long bras de fer entre l’État et les activistes, les juristes et les scientifiques (ils étaient plus de 1500 à appeler Emmanuel Macron à renoncer à ce projet en octobre 2023), un autre projet d’autoroute, celui de l’A412 en Haute-Savoie, est en passe de devenir le nouveau symbole du mépris de l’exécutif pour la parole des experts des sciences du vivant.
Mardi 1er septembre, d’importants travaux de déboisement ont commencé sur le tracé de la future autoroute A412, en Haute-Savoie. Ce tronçon de 16,5 km de long vise à relier Thonon-les-Bains à Machilly, dans le Haut-Chablais, sur la rive sud du lac Léman, et implique l’artificialisation de 180 hectares de sols naturels et agricoles, dont 55 hectares de zones humides. Plus de 21 organisations, associations environnementales et syndicats agricoles dénoncent une aberration écologique.
Tracé de la future autoroute A412. Source : Département de la Haute-Savoie
Le faux argument du désenclavement
« Objectif : désenclaver le Chablais », peut-on lire sur le site du département de la Haute-Savoie. Cette région, montagneuse et forestière, est pourtant dotée d’une ligne ferroviaire qui relie Annemasse à Evian-les-Bains, ainsi que d’un réseau relativement dense de routes départementales. Un paradoxe que relève Johanna Linares, membre du collectif Stop A412, auprès de nos confrères de France Info : « Dans l’agglomération de Thonon, on trouve tous les services essentiels, comme à Annemasse, d’ailleurs. L’aéroport international de Genève se trouve à quarante minutes. Personne ne peut sérieusement dire que nous vivons dans un territoire enclavé. » Une opinion partagée par le Conseil national de la protection de la nature, qui rend un avis défavorable à la…
Auteur: Emma Vinzent
