C’est un remake de la loi Duplomb, adoptée il y a pile un an, en juillet 2025. Si une partie du texte avait été censurée par le Conseil constitutionnel, son auteur, le sénateur Laurent Duplomb, n’avait pas renoncé. Il est parvenu à réintroduire dans le projet de loi d’urgence agricole une disposition réautorisant deux pesticides néonicotinoïdes interdits : l’acétamipride et le flupyradifurone.
Tous les regards se tournaient vers le gouvernement, qui avait encore la possibilité de déposer un amendement de dernière minute lundi pour supprimer cette mesure. Mais après plusieurs consultations avec les députés de la majorité, l’exécutif a décidé de ne pas utiliser cette cartouche et de laisser les parlementaires « trancher » sur la question des pesticides, malgré les alertes des médecins et des scientifiques sur l’acétamipride.
Pire, le gouvernement n’a pas souhaité faire examiner les amendements déposés par plusieurs députés, dont certains du MoDem et du groupe macroniste Renaissance, visant à supprimer cette réautorisation. Un manque de « démocratie », a fustigé Agnès Pannier-Runache, députée et ancienne ministre de la Transition écologique. En séance, le chef de file des députés macronistes Gabriel Attal a également demandé, sans succès, des explications au gouvernement sur sa position concernant ces amendements qu’il n’a pas souhaité voir examinés par l’Assemblée nationale.
C’est donc l’ensemble du texte comprenant la réautorisation des néonicotinoïdes qui a été mis au vote, lundi 20 juillet. Le projet de loi d’urgence agricole a été adopté dans la soirée par 296 voix contre 224. Une majorité de députés du camp présidentiel a voté en faveur du texte, aux côtés de la droite et de l’extrême droite, tandis que les groupes de gauche ont voté contre.
Une réautorisation faite sous couvert de la « science »
Pour défendre cette…
Auteur: Awenig Marié

