Scandales sexuels, financiers… : la mécanique sociale du silence

Wirecard et Weinstein : a priori, rien ne rapproche ces deux noms marqués du sceau du scandale. Wirecard, une fintech allemande, a fait faillite en 2020 après avoir été accusée de fraude massive. Harvey Weinstein croupit en prison depuis 2016 pour plusieurs faits de viols et d’abus sexuels commis dans le cadre de ses activités de producteur de cinéma. Ces deux affaires partagent néanmoins un point commun : des comportements répréhensibles ou abusifs ont été perpétrés des années durant dans un cadre organisationnel avant que les coupables ne soient dénoncés et punis.

Le secret était pourtant loin d’être total. Les rumeurs, insistantes et concordantes, sur les castings canapé de Weinstein circulaient à Hollywood bien avant l’émergence du mouvement #MeToo. Pendant cinq ans, le Financial Times avait pilonné ouvertement la start-up bavaroise, soupçonnée de détournements de fonds, au point d’en avoir fait une série d’articles intitulée « House of Wirecard ».

Alors que les vérités alternatives et les thèses complotistes se nourrissent du silence et de l’absence d’information, il est plus que nécessaire de comprendre pourquoi, dans bien des cas, la révélation du scandale n’arrive qu’après de longues années.

10 000 cas signalés

Pour apporter une réponse étayée à cette question, nous nous sommes penchés, dans une étude scientifique publiée récemment dans la revue Academy of Management Journal, sur la longue série de scandales qui a entaché l’Église catholique américaine depuis les années 2000. Nous savons aujourd’hui que l’ampleur des abus sexuels commis par le clergé catholique aux États-Unis est telle que la quasi-totalité du pays a été touchée. Une enquête diligentée par l’Église liste 10 000 signalements de cas remontant jusqu’aux années 1950, concernant 4 000 prêtres et 90 % des 176 diocèses américains.

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Julien Jourdan, Professeur Associé, HEC Paris Business School

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