Scandar Copti : « Les valeurs n’ont rien d’universel »



Chroniques d’Haïfa / Scandar Copti / 2 h 03.

Soit une famille palestinienne habitant Haïfa, dont les enfants entrent dans la vie d’adulte. Rami (Toufic Danial) est amoureux de Shirley (Shani Dahari), qui est juive. Shirley attend un enfant qu’elle veut garder, alors que Rami lui demande d’avorter, sachant que sa famille n’acceptera pas cette naissance. Fifi, la jeune sœur étudiante de Rami, voit sa fiche de santé révélée à ses parents à la suite d’un accident de voiture, laquelle contient des informations indiquant qu’elle n’est pas vierge, ce qui n’est pas toléré, surtout par sa mère (Wafa Aoun). Par ailleurs, Miri (Meirav Memoresky), la sœur de ­Shirley, refuse de soutenir celle-ci, car elle ne conçoit pas que ce futur enfant soit à moitié arabe.

C’est par l’intime que Scandar Copti, un Palestinien de 1948 comme il se désigne lui-même, né en 1975 à Tel Aviv-Jaffa, aborde les relations entre communautés en Israël et le poids de l’idéologie et du patriarcat pesant sur les êtres. Par-là même, Chroniques d’Haïfa est un film choral, dont la non-linéarité de la narration éclaire progressivement ce à quoi les personnages doivent faire face.

Les femmes y ont une place de choix, avec des mères, dans les deux communautés, qui souffrent autant qu’elles font souffrir leurs filles. Scandar Copti offre un regard non habituel et sans complaisance sur différentes strates de domination parmi les moins visibles en Israël, allant du politique aux individus. Cet entretien a été effectué à Paris le 25 juin dernier (traduit par Charles Hembert).

Vous avez coréalisé votre premier long métrage en 2009, Ajami, avec Yaron Shani, un Israélien juif. Vous réalisez celui-ci seul. Comment s’est fait ce choix ?

Scandar Copti :…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Christophe Kantcheff

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