Nous étions quelques soutiens des prévenu.es réuni.es dans le public de la salle d’audience ou était jugée le 7 mai, une simple histoire de refus de se soumettre à un relevé d’empreintes signalétiques. L’issue surprenante et non moins révoltante du procès nous invite à livrer ici quelques éléments d’analyse sur les raisons qui ont motivé la décision judiciaire.
La sécurité intérieure est un champ d’expérimentation permanent. Si elle a souvent besoin de faire valoir son arsenal afin de dissuader quiconque de lever le petit doigt et peut-être encore plus à l’approche des JO, elle mène par ailleurs et en toute discrétion des expériences pour tordre les limites du droit et jouer avec ses frontières. Parmi ses nombreuses expérimentations – qui vont de la mise en place à pas forcés de la vidéo-surveillance algorithmique aux techniques de maintien de l’ordre largement décriées – il y a aussi cette manière bien à elle de dresser les services enquêteurs d’élites et leurs bras armés contre celles et ceux suspecté.es de s’organiser pratiquement contre les infrastructures destructrices. La finalité est claire : la judiciarisation à outrance du moindre délit effectué dans un cadre d’action politique.
- Les mesures d’interdiction de territoire sont devenues, des bassines du Poitou aux autoroutes du Sud ouest, la punition presque systématique adressée aux opposant.es.
- Aucune forme de décence n’empêche de présenter, devant un procureur du Tarn, un homme arrêté et roué de coups par la police pour avoir tenté de ravitailler les écureuils de la crem’arbre (lutte contre l’A69). Il comparaitra avec trois fractures au visage et un traumatisme cranien.
- Des dégradations matérielles dans le cadre d’actions politiques suffisent aujourd’hui à mobiliser la Sous-direction Anti-terroriste (SDAT). Ce service enquêteur semble effectivement s’être trouvé une nouvelle vocation en devenant le bras armé de…
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Auteur: IAATA

