À l’occasion d’une première tentative d’expression, en son nom propre, sur les réseaux sociaux, l’autrice fait l’expérience somme toute commune de recevoir une réponse problématique. En revenant sur quinze ans d’utilisation des réseaux sociaux, elle reparcourt l’usage qu’elle en a fait et partage sa (demi-)surprise quant à la violence antiféministe qu’elle reçoit, dans un contexte où, au combat pour la protection des enfants et des femmes, le président de la République répond par son « imbécile sommation à ne pas crier, à ne pas faire de bruit », qui a de « tristes résonances avec ce que l’on souffle dans un secret dégueulasse aux oreilles innocentes des enfants victimes : se taire, ne pas être bruyant, ne pas pleinement exister, ne pas exister » [1]… et où une histoire personnelle d’injures, de menaces et de harcèlement sexistes refait surface.
Le 9 juin 2026, pour la PREMIÈRE fois, je fais un « POST » Facebook.
Je n’ai jamais utilisé Facebook. Je n’ai commencé à utiliser un réseau social qu’à partir de 2012, et ça a été Twitter. C’était l’article de Mona Chollet dans Le Monde diplomatique, « Twitter jusqu’au vertige » qui m’y avait entraînée ! Je me suis créé un compte, bien sûr anonyme, puis au bout de quelques temps où je maîtrisais bien l’outil, je m’en étais notamment servi pour créer un compte pour l’UJFP [2].
Quelques temps plus tard, en 2015 – avant l’effroi des visages du 13 novembre, postés en boucle sur le réseau durant deux jours, lorsque les proches des victimes du Bataclan imploraient des nouvelles des disparu.es jusqu’au moment où les hôpitaux venaient annoncer les deuils à venir –, en mars 2015 donc, Twitter m’avait fait traverser une expérience inoubliable de communauté virtuelle. Dix ans après la mort de Zyed et Bouna dans un transformateur électrique alors qu’ils étaient pris en chasse par la police, et les…
Auteur: Noëlle Cazenave-Liberman

