Le combat féministe doit il s’axer autour d’une identité de « femme », revendiquée comme telle, ou bien doit-il s’attacher méticuleusement à démanteler les structures de pouvoir qui ont crée cette catégorie et d’autres pour nous opprimer ?
Comment sortir définitivement des angles morts d’un féminisme individualiste ? Quels outils pour penser le genre depuis la transidentité ? Pourquoi ne faut-il pas simplement se libérer du genre mais carrément le détruire ? Et comment s’y prendre ?
Au sein du large spectre de la pensée féministe se déploient et parfois se confrontent des questions théoriques, pratiques et épistémologiques précises et complexes. Dans cet article, R.R. Cèdre explore les écrits de Sally Darity, auteure anarcha-feministe dont les travaux restent non traduits et méconnus en France.
On ne naît pas femme, on le devient
Le féminisme français matérialiste et radical des années 1970 est extrêmement riche et fécond encore aujourd’hui. Pourtant, ces textes demandent à être actualisés et notamment à inclure d’autres points de vue : dans mon article (Re)lire Backlash, paru chez Ballast, j’avais accompagné ma lecture de Susan Faludi par celle de bell hooks. Le portrait de la condition féminine dressée par la journaliste Susan Faludi est d’une grande pertinence aujourd’hui, mais il nous faut préciser qu’il s’agit du portrait de la condition féminine blanche de classe moyenne. Il nous faut lire l’afro-féminisme, comme il nous faut lire les féminismes dits « des Suds ». Il nous faut lire aussi ce qui a été écrit après, et notamment les critiques qui ont été adressées à la théorie féministe radicale matérialiste.
Deux clans opposés semblent se dessiner : d’un côté, les radicales matérialistes marxistes, qui parlent de structures, de rapports économiques et de pouvoir ; de l’autre, les essentialistes, au discours naturalisant et parfois mystique (qui…
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Auteur: dev

