Quinze euros pour voter, un périmètre soigneusement délimité, François Ruffin, Marine Tondelier ou encore Matthieu Pigasse écartés : difficile de prétendre rassembler la gauche en commençant par en exclure une partie. L’équation est singulière : vouloir réunir la gauche en décidant d’abord qui a le droit d’en être ! Une règle n’est jamais neutre lorsqu’elle définit le périmètre d’un rassemblement politique. Lorsqu’une partie de la gauche est priée de rester à la porte, il faut au minimum avoir l’honnêteté de ne pas présenter l’initiative comme « la primaire de la gauche et des écologistes ».
Quelle gauche veut-on reconstruire et sur quelle base sociale et politique entend-elle exercer le pouvoir ?
Le tarif de participation ajoute une autre bizarrerie. Quinze euros, ce n’est certes pas une fortune. Mais une primaire qui se veut citoyenne et demande un droit d’entrée n’envoie pas le même signal qu’une primaire ouverte au plus grand nombre. En 2011, plusieurs millions de personnes avaient participé à la primaire socialiste. Cette fois, les estimations sont sans commune mesure : on parle de quelques dizaines de milliers de votants. Et pourtant, il faut s’en mêler.
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Car ce serait une erreur de considérer cette primaire comme une petite affaire interne au Parti socialiste et à ses alliés. Derrière le casting se joue une bataille stratégique : quelle gauche veut-on reconstruire et sur quelle base sociale et politique entend-elle exercer le pouvoir ? La stratégie de Raphaël Glucksmann consiste à élargir l’espace politique vers le centre, en recherchant des convergences au-delà de la gauche traditionnelle. Une orientation qui rappelle, sous une…
Auteur: Pierre Jacquemain
