Le Monde vient de publier, dans son édition datée du 21 septembre 2023, une vigoureuse tribune dénonçant, je cite, « les dérives de certains discours sur l’immigration ».
Son autrice, Nelly Garnier, conseillère de Paris, conseillère régionale d’Île-de-France et vice-présidente du parti Les Républicains, formule cette supplication, tout à fait bienvenue dans un moment où la démagogie xénophobe empoisonne quotidiennement notre atmosphère : « Face aux flux migratoires, gardons-nous de tomber dans une logique racialiste ! » Selon elle, nous devons collectivement – et urgemment – nous reprendre, car : « Nous vivons actuellement un glissement dangereux. »
En effet, explique-t-elle : « De nombreux participants au débat public, parfois même sans s’en rendre compte, adoptent une rhétorique qui pose la question de l’immigration comme celle du remplacement d’une race par une autre. Ainsi, à une vitesse vertigineuse, sont devenues communes les expressions d’“invasion barbare”, de “submersion”, de “colonisation” et finalement l’idée, explicitement assumée ou non, du déversement d’un continent sur l’autre. »
L’autrice fait le choix de taire les noms des misérables dont elle dénonce si fermement les hideuses proférations.
Elle constate ensuite que « les images d’arrivées de migrants à Lampedusa sont utilisées » par ces sinistres personnages « pour créer le choc visuel soutenant la thèse » du « grand remplacement ». Cette « thèse », estime Nelly Garnier, « est facile et elle permet sans nul doute de libérer une colère face à des années de mauvaise gestion des flux migratoires ». Mais, assène-t-elle : « Il est de notre devoir de ne pas y céder. »
Cette charge contre les démagogues vautrés dans « une logique racialiste » qui instrumentalisent l’immense détresse des…
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Auteur: Sébastien Fontenelle

