Des récoltes qui fondent
Le constat de terrain est brutal. La FNSEA anticipe une baisse de rendement de 40 % pour le maïs à l’échelle nationale, et jusqu’à 70 % dans certains secteurs des Landes. Arnaud Rousseau, président du syndicat, ne prend pas de gants : « le maïs ne sera pas récolté, ce sera zéro ».
Le blé résiste un peu mieux. Selon le ministère de l’Agriculture, ses rendements reculent de 10 à 20 % selon les régions. Les légumes, eux, paient un lourd tribut. La fédération Légumes de France évoque une année catastrophique, avec des pertes de tonnage pouvant atteindre 50 %.
Fait notable, même les cultures irriguées souffrent, car la chaleur des sols freine la croissance malgré l’eau apportée.
L’élevage en première ligne
La menace ne se limite pas aux champs. Elle gagne les prairies, socle de l’élevage. D’après Christian Huyghe, ancien directeur scientifique de l’Inrae, leur production s’est effondrée dès la fin mai. Certaines pourraient être détruites. La Confédération paysanne décrit une situation critique.
« Il n’y a plus d’herbe », résume Thomas Gibert, porte-parole national et éleveur en Haute-Vienne.
Depuis le début de juillet, il puise dans le fourrage prévu pour l’hiver. La conséquence pourrait peser sur l’approvisionnement en viande et en lait. En effet, des cheptels réduits signifient d’abord une hausse temporaire des abattages, puis une baisse de production.
Outre-Manche, même tableau
Le phénomène ignore les frontières. En Angleterre et au Pays de Galles, juillet 2026 a été le mois le plus sec jamais mesuré par le Met Office. Résultat, plus de 24 millions de personnes vivent sous restriction d’usage de l’eau au Royaume-Uni.
Tom Bradshaw, président de la National Farmers’ Union, y voit l’une des sécheresses les plus sévères jamais vécues par la profession. Là-bas aussi, céréaliers, maraîchers et éleveurs redoutent pour leurs volumes.
Les…
Auteur: Isabelle Vauconsant
