« Tout le monde est cuit, surtout quand tu écoutes la radio en travaillant, et leurs débats sur les clim’. » C’est un témoignage de paysan parmi des milliers d’autres qui éprouvent, sur leurs fermes et dans les champs, les chaleurs extrêmes et l’inconséquence politique. Les conditions de travail sont rudes malgré les aménagements d’horaires. Pour être plus « au frais », les éleveurses ont adapté l’organisation de leurs journées – la traite se fait à l’aube –, comme les producteurices de fruits et légumes.
Dès 5 heures du matin, ils et elles s’affairent dans les vignes ou les cultures maraîchères. Là, dans cette ferme des Vosges, les salariées travaillent de 6 heures à 11 heures. Il est devenu impossible de rester plus longtemps sous les serres. Malgré toutes les précautions, il y a déjà eu deux insolations dans cette ferme depuis le début de cette canicule.
Tôt le matin, tard le soir. Ce rythme entrecoupé et à rallonge, épuise les corps. Les animaux aussi souffrent. Les brebis sont très essoufflées, les chèvres restent couchées la journée, les porcs ont du mal à s’alimenter, certaines poules ne pondent plus, les vaches produisent moins de lait. Dans certaines régions, comme la Bretagne, c’est l’hécatombe, en particulier dans les élevages de volailles et de porcs : certains animaux morts ne sont même plus collectés par les services d’équarrissage, saturés. « Tout est sous contrôle », a tenté de rassurer, le 7 juillet, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, dans un hémicycle climatisé. Si loin des paysans et paysannes qui, au même moment, sortaient les cadavres de leurs bâtiments pour les enterrer.
Mortalité des animaux et des végétaux
Avec ce troisième épisode caniculaire…
Auteur: Sophie Chapelle

