Sources d’oxygène, ilots de fraicheur naturels, capteurs de carbone… Les arbres sont nos alliés face au réchauffement climatique et à ses effets. Mais ils s’en trouvent aussi affectés. Les dégâts sont visibles autour de nous : alors que nous sommes en plein mois d’août, les bois se teintent de nuances automnales et les feuilles mortes crépitent sous nos pieds.
La combinaison des canicules et des sécheresses, particulièrement forte depuis la fin du printemps, provoque une réponse physiologique de l’arbre qui se met « en mode survie », explique Yann Vitasse, chercheur à l’Institut fédéral suisse de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), spécialisé sur la dynamique forestière.
Tant qu’il y a de l’eau dans le sol, elle peut être puisée par les racines, monter à travers le xylème, un réseau de fins tubes, avant de s’évaporer par les stomates, les minuscules pores des feuilles. Comme la sueur qui rafraîchit la peau, cette évaporation rafraîchit l’arbre. Cela fonctionne très bien lorsque l’eau dans le sol est abondante.
La situation se complique lorsque la sécheresse perdure et que le réservoir en eau du sol n’est plus assez rempli. L’arbre souffre alors de stress hydrique, puisqu’il ne parvient plus à pomper suffisamment d’eau par ses racines.
« Un effondrement du système hydraulique de l’arbre »
« Les gros et vieux arbres, qui ont besoin de plus d’eau que les jeunes, sont particulièrement touchés », explique l’Office national des forêts. Pour tenter de survivre à une sécheresse intense et persistante, l’arbre va donc « fermer ses stomates pour économiser l’eau », poursuit Yann Vitasse de WSL.
Cette réaction, si elle dure trop longtemps, peut « augmenter la tension dans les vaisseaux qui assurent le transport de l’eau dans l’arbre jusqu’à un seuil critique de rupture », continue le chercheur.
Lorsque la tension devient trop…
Auteur: Léa Guedj
