Sécheresse : « Des risques de rupture d'eau potable à l'échelle d'un département, je n'avais jamais vu ça »

Malgré les précipitations localisées ces derniers jours et des inondations, tous les départements restent concernés par des restrictions sur l’eau potable, en métropole comme dans les Outre-Mer.

Hydroclimatologue, Florence Habets est directrice de recherche au CNRS et Présidente du conseil scientifique du comité de bassin Seine Normandie.

© Gaël Kazaz

Au 26 août, soixante-quatre départements sont considérés comme « en crise », le niveau d’alerte le plus haut, avec des interdictions d’usage de l’eau potable pour certaines activités (remplissage de piscine, arrosage, lavage de véhicule, irrigation…), et vingt-trois départements sont en « alerte renforcée », avec des restrictions. Ces alertes ne sont pas près d’être levées : « On considère que la sécheresse va s’arrêter quand les débits d’eau vont reprendre », mais « les sols sont tellement secs qu’il va falloir beaucoup de pluie pour arriver à les remplir », prévient l’hydroclimatologue Florence Habets.

Inquiète, cette directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) plaide pour des démarches collectives autour de la gestion et du partage de l’eau, avec la sobriété comme maître mot. Or, c’est tout le contraire qui a été décidé par le gouvernement avec l’adoption de la loi d’urgence agricole cet été et le moratoire national sur toutes les décisions locales concernant la politique de l’eau appliqué depuis janvier dernier. Explications.

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Auteur: Sophie Chapelle