Le nucléaire, meilleur allié pour lutter contre le changement climatique ? Alors qu’une nouvelle vague de chaleur se profile, EDF a dressé le bilan de la canicule sur son parc nucléaire. Trois réacteurs ont été arrêtés à Golfech, Bugey et Nogent-sur-Seine. Quatre autres ont vu leur puissance réduite. Ces mesures ont entraîné une perte temporaire de 5,5 gigawatts (GW), soit 8,7 % de la puissance nucléaire installée en France. « Les épisodes de canicule et de sécheresse ont des répercussions significatives sur le fonctionnement des centrales nucléaires », a reconnu l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) le 25 juin.
À l’origine de ces arrêts et baisses de production, un besoin vital : refroidir en permanence les réacteurs. Pour cela, les centrales nucléaires utilisent l’eau des fleuves ou de la mer. Deux systèmes coexistent : les centrales en circuit fermé, équipées de tours aéroréfrigérantes, qui prélèvent environ 2 m³ d’eau par seconde et en rejettent une grande partie sous forme de vapeur ; et les centrales en circuit ouvert, qui pompent entre 40 et 60 m³/s avant de rejeter l’eau réchauffée de quelques degrés.
Ce système équipe 27 réacteurs sur les 57 du pays, dont 12 situés en bord de fleuve au Blayais, à Saint-Alban, au Tricastin et au Bugey. Le cas de Golfech est particulier : la centrale est bien équipée de tours aéroréfrigérantes, mais rejette des eaux de purge dans la Garonne.
Des limites de température à respecter
Or, depuis la canicule de 2006, « l’administration a fixé des limites d’échauffement spécifiques à chaque site, en fonction de leurs caractéristiques — présence d’espèces protégées… — déterminées par des études d’impact », expliquait en 2022 à Reporterre Cécile Laugier, directrice prospective en environnement de la direction production nucléaire d’EDF. Ainsi, l’ASNR n’autorise qu’un…
Auteur: Émilie Massemin

